Détecteurs de fumée : un seul ne suffit pas !

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Depuis le 8 mars 2015, les détecteurs de fumée sont devenus obligatoires dans tous les logements de France. Un premier pas essentiel afin de réduire le nombre d’incendies domestiques. Mais comme le risque 0 n’existe pas, savez-vous vraiment quels gestes adopter en cas de feu chez vous ?

Pour vous aider à y voir plus clair, ma-residence.fr a rencontré Monsieur Contansin, pompier civil depuis 22 ans et directeur de l’organisme de Formation Prévention Secourisme Incendie.

– Plus de 800 personnes perdent la vie chaque année dans un incendie d’habitation. Quelles en sont les principales causes ?

« La plupart du temps, les feux démarrent de la cuisine (avec l’aluminium dans les micro-ondes, les appareils à friture…) ou des armoires électriques (prises multiples sur prises multiples créant une surtension). On retrouve aussi les feux de lit pour les fumeurs, à partir de vieux allogènes poussiéreux, les fuites de gaz à cause de vieux tuyaux périmés, les enfants qui jouent avec des allumettes…  »

– On entend tout et son contraire sur les pièces dans lesquelles installer les détecteurs… Alors où faut-il vraiment les mettre ?

« Pour optimiser vos chances de survie face au feu, il faut mettre un détecteur dans chaque pièce où il y a risque potentiel.

  • Dans les chambres, dans les sous-sols, la buanderie, près des armoires électriques, il faut un détecteur de fumée.
  • Dans les cuisines, il faudrait un détecteur de chaleur et un détecteur de monoxyde de carbone si vous avez une chaudière à gaz ou poêle.

Le but étant que l’appareil se déclenche le plus rapidement possible.
Mais avec un seul détecteur par habitation, vous êtes couvert par votre assurance et je pense que la grande majorité des Français va s’arrêter là… »

– Quels conseils pratiques préconisez-vous dans la pose de ces détecteurs ?

  • « Il faut installer les détecteurs au plafond et non sur le mur.
  • Utilisez des vis et chevilles pour fixer la base du détecteur au plafond. Les colles ou scotchs double face ne sont pas sûrs sur le long terme.
  • Ne surtout pas peindre le détecteur de fumée.
  • Si vous optez pour un modèle à pile alcaline, il faut pensez à la changer tous les ans. Il existe aussi des piles au lithium valable 10 ans.

Mais quoi qu’il arrive, il faut remplacer son détecteur de fumée au bout de 10 ans. »

– Pour les personnes âgées ou malentendantes, il y a-t-il des détecteurs à privilégier ?

« Oui, pour ces personnes, il existe des détecteurs à flashs qui permettent de visualiser qu’il y a un problème la journée et pour la nuit, il y a des coussins vibrants à mettre sous l’oreiller. Ces modèles ne sont commercialisés que par des professionnels malheureusement. »

– Obliger l’installation des détecteurs de fumée c’est une bonne chose mais si l’on a pas d’extincteur… Ce n’est pas un peu léger ?

« Au moins on a déjà quelque chose ! Mais c’est vrai qu’il faudrait avoir un extincteur chez soi si l’on veut être au top. La plupart des gens pensent que comme il y a une vérification à faire, il y a un coup financier à prendre en compte. Sauf que la loi n’oblige pas les particuliers à vérifier leur extincteur tous les ans ou tous les 5 ans.

A domicile, si l’on veut bien faire, il faudrait avoir :


  • un extincteur à eau pulvérisée avec de l’additif pour les feux de bois, cartons, tissus. En 6L, il en existe à 60 €.
  • Et un extincteur CO2 pour les feux électriques. Comptez environ 65 € pour une capacité de 2kg.

Quoi qu’il arrive, il vaut mieux en prendre 2 différents en fonction de l’origine du feu plutôt qu’un seul extincteur à poudre (celle-ci vieillit mal au fil des années).

Sachez aussi que pour éteindre un feu de cuisine, il existe des couvertures anti-feu très efficaces. Vous en trouverez à partir de 15 € sur Internet ou dans les magasins de bricolage. C’est vraiment à avoir chez soi !  »

– Concrètement, le feu se déclare chez moi, l’alarme se déclenche, que dois-je faire ?

  • « Déjà si l’alarme se déclenche, il faut commencer par vérifier s’il y a de la fumée. Si ce n’est pas le cas, contrôler qu’il n’y a pas un dysfonctionnement dans l’appareil, cela peut arriver.
  • Après si vous voyez de la fumée, vous devez rester dans une pièce isolée, le plus près du sol (l’air respirable se trouve en partie basse).
  • Si vous avez un point d’eau dans la pièce où vous êtes, placez un linge humide en bas des portes afin de retarder la propagation de la fumée.
  • Ne pas ouvrir les fenêtres ou la porte car cela fait un apport d’oxygène et le feu viendra vers vous.
  • Appelez les pompiers au 18 ou 112 en leur donnant un maximum de renseignements (nature du sinistre, votre adresse avec l’étage, le nombre de personnes présentes…), gardez votre téléphone près de vous et attendez qu’ils viennent vous chercher. »

– Sans jouer pour autant les sauveurs, comment venir en aide à ses voisins ? Aux personnes âgées d’un l’immeuble en feu ?

« Dans tous les cas, s’il y a de la fumée dans un lieu que vous ne connaissez pas, vous ne devez pas y rentrer ! On ne peut jamais savoir ce qui se passe derrière une porte. Laissez faire les pompiers. »

– Avec votre expérience, comment s’organise la solidarité dans l’urgence ? Comment les gens réagissent-ils ?

« C’est très délicat car chaque personne est différente et nul ne sait comment elle va réagir. Certains disent « je ferais comme ceci » et ne le font pas et d’autres disent « je ne pourrais jamais faire ça » et le font poussés par l’adrénaline. Beaucoup vont aller aider, se mettent en danger mais ne le comprennent qu’après… C’est vraiment propre à chacun ! »

– Comme dans les grandes entreprises, pensez-vous qu’il serait judicieux de former un propriétaire responsable, un gardien aux procédures d’évacuation et aux gestes qui sauvent ?

« Aux procédures d’évacuation, oui, mais il serait effectivement primordial de former le gardien voir plusieurs résidents aux gestes qui sauvent. En cas d’arrêt cardiaque par exemple, si personne ne fait rien en attendant les secours, la victime ne reçoit plus d’oxygène et le cerveau gardera des séquelles irréversibles. Avec un défibrillateur au sein des copropriétés, les chances de survie seraient vraiment démultipliées. Mais bon là, nous en sommes encore très loin en France… »

– Pensez-vous qu’en matière de prévention, la France a des progrès à faire ?

« La France est un peu le mauvais élève par rapport à d’autres pays d’Europe comme l’Allemagne ou l’Angleterre. Par exemple, pour éviter les défenestrations, ces immeubles étrangers possèdent des échelles de secours extérieures qui permettent aux usagers de descendre un ou 2 étages afin de se mettre en sécurité.

Si je prends l’exemple des personnes âgées, on pourrait leur expliquer, qu’au sein de leur domicile, il y a des risques de se prendre les pieds dans le tapis de la salle de bain ou du salon, de tomber et de se casser le col du fémur. Les mélanges de produits ménagers et de cachets qui vont de pair avec une perte de mémoire font aussi beaucoup de victimes inutiles…

En faisant davantage de prévention, on pourrait sauver un plus grand nombre de personne. Mais en France, on a souvent tendance à attendre la catastrophe avant de faire quelque-chose… C’est comme ça ! »

 

Découvrez ici le texte officiel concernant l’installation de détecteurs de fumée dans tous les lieux d’habitation.

 

Et vous, avez-vous déjà subi un incendie domestique ? Quelle en était la cause ? Pensez-vous que le détecteur de fumée devenu obligatoire est LA solution pour réduire les risques ? N’hésitez pas à donner votre avis ou témoignage dans l’encadré « Laisser une réponse » en bas de cette page.

Si jamais vous n’avez pas encore acheté votre détecteur de fumée, nous vous conseillons de demander à vos voisins s’ils sont satisfaits du leur, et s’ils n’en n’ont pas, pourquoi ne pas faire une commande groupée en s’organisant sur ma-residence.fr ?

Je parle du détecteur de fumée à mes voisins

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A propos de l'auteur

Journaliste depuis plus de 10 ans sur Internet, j'ai eu l'occasion d'écrire dans des univers variés liés à l'actualité, la culture, les femmes, les seniors... Mais une thématique me tient particulièrement à coeur : la solidarité envers autrui et ce, à l'égard d'un voisin, d'une personne isolée ou d'un sans domicile fixe...

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